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 Estelle Delierre, ou il faut parfois apprendre à vivre

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Estelle Delierre
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Date d'inscription : 18/07/2014
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MessageSujet: Estelle Delierre, ou il faut parfois apprendre à vivre   Sam 19 Juil - 12:16




Estelle Delierre




 


Informations

Nom Complet :: Estelle Yumi Okashii Delierre
Surnom :: Aucun
Date de Naissance ::  Le deux mai, vingt ans
Nationalité ::  Franco-japonaise
Orientation Sexuelle ::  Pansexuelle
Fonction ::  Bibliothécaire en chef
Matière ::  /


Derrière l'écran

Comment es-tu arrivé ici ?  Tous les chemins mènent à Rome
As-tu lu le règlement ?  Je valide ~
Autre chose ?  Nyop
Qui utilise-tu comme bouille ? Ririchiyo Shirakiin d'Inu x Boku SS


Physique

Très menue, Estelle semblera fragile. En effet, du haut de son mètre quarante et avec pour seule arme ses trente-huit kilos, on se dit que physiquement elle ne va pas bien loin. Mais c'est là une femme de théâtre, à la gestuelle souple et noble, dont les formes douces attirent hélas les hommes, comme des papillons qui danseraient autour d'une flamme au risque qu'elle s'éteigne. Suite à ses soucis de santé, elle perd facilement du poids, mais il lui est extrêmement difficile d'en reprendre. Certes, la plupart des gens souffrent du problème inverse, mais sachez-le, il est plus dangereux dans ce sens. Cependant, sa silhouette ne s'en trouve pas modifiée, si ce n'est au niveau des côtes, que l'on sent parfois plus saillantes.

Elle a naturellement l'allure de la noblesse japonaise. Enfin, naturellement... disons que ce qu'elle ne maîtrisait pas déjà lui a été inculqué dès l'enfance, malgré la mort de ses parents. Ainsi, elle a appris à charmer sans effort. Une aura de distance, de froid, plane autour d'elle, mais elle a hélas comme vertu d'attirer les curieux. Pourtant, tout ce qu'elle voudrait, elle, c'est qu'on la laisse tranquille. Elle n'aime pas l'intérêt malsain que lui portent les gens, pour son physique ou son rang. Elle trouve cela honteux.

Sa longue chevelure noire parsemée de mèches mauves, et dont les pointes ont toutes cette même teinte, chute en une douce cascade jusqu'au plus bas de ses reins, magnifiant sa silhouette qui, soyons honnêtes, n'en a pas vraiment besoin. Si elle apporte un soin extrême à ses cheveux, les parfumant, les coiffant, et les teintant de ces délicieuses mèches violettes qui renforcent leur couleur noir profond, quant à elle parfaitement naturelle, ce n'est pas par vanité, mais parce qu'elle a appris que la séduction était une arme, d'une part et parce que, d'autre part, cela lui rappelle de merveilleux souvenirs.

Elle se vêt, en civil, d'habits gothiques, noirs, blancs et violets, qu'elle a en général confectionnés. Cependant, il lui arrive de choisir des couleurs plus douces, comme le bleu clair, délavé, qu'elle affectionne beaucoup. Ces vêtements, qu'elle passe de longues heures à coudre, lui donnent en général des airs de poupée, d'enfant. Ils la rajeunissent donc encore. A la maison, elle affectionne plutôt les confortables kimonos, les nuisettes légères. Là aussi, il lui arrive de les fabriquer elle-même, mais elle en a une solide réserve d'achetées. Elle aime marcher à pieds nus, mais au-dehors, elle accompagne ses tenues de bottes à talons, noires, qui montent jusqu'aux genoux pendant la saison froide. Lorsqu'il fait plus chaud, elle préfère une paire d'adorables chaussures vernies et compensées, noires bien sûr. Sachez aussi qu'en général, plus elle est habillée (moins on voit sa peau), plus elle a de blessures à cacher.

Son visage a le mérite de mêler la douceur de l'enfance, l'expressionnisme adolescent et la justesse adulte. Ses traits ont été dessinés fins, altiers, lui donnant un air de princesse dont elle se passerait bien, puisqu'il ne l'aide ni à passer inaperçue, ni à dissimuler sa haute naissance. On remarquera notamment sa bouche rosée, sensuelle, son nez droit, et, surtout, ses yeux. Elle les a bleu de glace, mais les cache sous des lentilles teintées mauve sombre, qui lui donnent un regard terriblement intense. Cette impression est renforcée par la façon dont elle regarde tout : avec distance, mais comme si elle lisait dans l'âme des gens.

Encore un point, mais non des moindres : elle est malade. Son corps traîne une étrange pathologie, qui s'attaque à ses poumons et à son coeur. Son frère d'âme et majordome, Shirokân, a mené son enquête : il s'avère que vers l'âge de deux ans, quand elle a commencé à être malade, une très faible dose d'un dérivé liquide du gaz moutarde lui a été inoculé. Ce procédé barbare, très prisé par les triades japonaises, a séduit quelques Yakuzas au Japon, elle le sait fort bien. Ainsi, elle ne pourra jamais prétendre prendre la tête de la famille Okashii, même si elle n'en a jamais eu l'attention. Cependant, elle a ouvert une enquête, avec l'aide d'un grand clan Yakuza, pour savoir qui a commandité cet attentat qui raccourcit sa vie de plusieurs dizaines d'années. Pour l'instant, elle n'a aucune piste.
Caractère

Estelle est surdouée. Elle ne parvient pas à refréner sa soif d'apprentissage. Elle s'ennuie au milieu de ses comparses du fait de son extrême facilité à apprendre, retenir, appliquer, sublimer, la moindre miette de savoir. A son sens, toute chose est utile, et l'ignorance est signe d'une faiblesse de l'esprit. Ainsi, pour compenser la faiblesse de son corps, elle se gave de livres, documentaires, et cetera. Elle n'attend pas des gens qu'ils la laissent se reposer sur ses lauriers mais au contraire, qu'ils stimulent son "sens du chaos" comme elle aime à l'appeler. Elle se borne à dire, quand on lui demande dans quel sens va son propre chaos, qu'il est dangereusement instable et insatiable.

Elle aime lire, chanter, écrire, jouer la comédie pour des pièces de théâtre ou des petits films (elle a toujours refusé les gros rôles), et peindre. Ce sont les arts qu'elle pratique principalement, mais elle craint, en général, d'offrir ses créations au monde. Elle affirme que les gens sont en général cruels, froids, et sans aucun sens artistique. Ca l'attriste beaucoup lorsqu'elle est dans un de ces jours funestes où elle ressasse son passé mais, autrement, elle se contente d'ignorer les autres.

Elle a choisi d'être toujours froide et distante, pour ne pas être blessée par les autres. Oui, elle a décidé de venir à l'université pour apprendre ce que sont les contacts humains, mais elle se méfie beaucoup, puisque sa dernière expérience de la sorte (sa seule années d'études à l'école, quand elle avait treize ans) s'est terminée d'une façon terrible, dont elle garde encore des séquelles. Ainsi, elle n'aime pas le contact physique, qu'elle juge dangereux (pour la citer : "Le contact physique, c'est... Dangereux. C'est... Mal. On peut être physiquement atteint et blessé quand on touche les autres. Ca ne vaut pas le coup."), sauf dans le cas où elle a décidé de faire confiance à la personne.

Cependant, les blessures mentales sont bien plus importantes. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le fait d'être surdouée l'a atrocement fragilisée. Elle capte extrêmement facilement les émotions de ceux qui l'entourent, mais ne peut justement pas arrêter ce flux de perceptions. Elle ne peut pas se fermer, s'isoler, pas totalement en tout cas. Ainsi, plutôt que de les repousser, elle se force à toutes les analyser, à essayer de savoir pourquoi les gens autour d'elles ressentent cette émotion précise. Elle fait des cauchemars, aussi, à chaque fois qu'elle essaye de dormir. Seul le fait d'être terriblement épuisée peut l'amener à un semblant de paix.

Elle est assez difficile à suivre, tant elle marche sur un fil entre une tendre innocence et une tristesse insondable. Elle n'arrive pas à se stabiliser, à cesser de regarder en arrière. Elle peut être calme, douce, puis basculer en un instant dans une litanie de sanglots tremblants. Juste à cause de son instabilité. Elle sait bien que cela pourrait la mener à sa perte, et lutte contre ça, mis ne parvient pas à s'aider seule.


Histoire

Estelle Yumi Okashii Delierre est née le deux décembre d'une année très sombre pour la noblesse japonaise. En effet, à force de mariages entre cousins, les femmes devenaient peu à peu moins fertile. Mais sa mère, Minami Okashii, avait choisi de se marier avec un Gaijin, un étranger. Un Français. Si sa décision avait été très controversée, elle fut tout de même payante, puisque Lucien Delierre lui donna une enfant moins de dix-huit mois après leur union.

La petite grandissait bien, elle était adorable, et déjà intelligente. Sa mère fut réintégrée dans la noblesse, et son déshonorant Gaijin, accepté lui aussi, puisque les Okashii, branche secondaire du clan impérial, avaient besoin de sang neuf. Toutefois, cette décision ne plaisait pas à tout le monde. Lorsqu'elle avait deux ans, la petite princesse fut victime d'un attentat. Ce fut tellement millimétré, tellement bien organisé, que personne ne soupçonna rien. Mais, une semaine plus tard, elle commença à être malade. Elle toussait du sang, son coeur avait des ratés, et une fièvre violente venait parfois enserrer ses tempes. Les médecins affirmaient qu'il s'agissait d'une infection à l'origine indétectable. Finalement, les crises se faisant plus rares et moins violentes, aucune enquête ne fut ouverte.

A trois ans, elle fut présentée à un enfant, Shirokân Chûsei, qui était destiné à devenir son protecteur, son majordome. La famille Chûsei était directement rattachée aux impérieux. Ils étaient nobles et puissants, mais leur rôle était de servir les princes et princesses, uniquement cela. Ils devinrent presqu'instantanément inséparables. Leurs caractères très semblables s'accordaient parfaitement et, même physiquement, ils se ressemblaient. A six ans, ils commencèrent l'école primaire dans une école d'élite. Cependant, Estelle n'en garda pas un bon souvenir. Elle préféra arrêter, avant même la fin de l'année, et commença à étudier par correspondance, avec Shirokân.

Mon tout premier souvenir, ce sont les filles de l'école primaire qui me coincent dans les toilettes pour jeter un seau d'eau sur ma tête. Cruelles, faibles et jalouses créatures. L'eau est glacée, elle roule le long de mon dos et de mes cheveux, jusqu'à former une flaque à mes pieds. Et mes vêtements collent à ma peau, c'est désagréable. Le surveillant arrive. Il crie, gronde les filles qui, déjà, s'échappent en courant. Il arrive vers moi. Non, je ne veux pas rentrer maintenant. Papa est au travail, et Okaa-sama doit se reposer.
Il insiste, et je finis par céder. Je suis dans une petite voiture bruyante, qui sent le carburant et le faux cuir. Le professeur dit qu'il va empêcher les filles de me faire du mal. Je lui réponds que je me moque des actions de la plèbe à mon encontre. Il me regarde bizarrement, et il rit. Un rire faux. Ce n'est pas drôle, pourtant.

Elle avait huit ans, et Shirokân treize, quand leurs parents moururent tous les quatre. L'accident d'avion qui leur avait pris la vie était plus que suspect. Mais comme ils étaient tous de la haute noblesse, l'affaire fut étouffée. Pour quelques années plus tard, puisque cinq ans plus tard, le jeune majordome feraient enquêter un puissant clan de Yakuzas, avec l'accord de sa maîtresse. L'enterrement des Chûsei et des Okashii eut lieu deux jours après que leurs corps eurent été rapatriées mais, contrairement aux voeux de Minami Okashii, cela ne se fit pas dans la discrétion.

Second souvenir. La pluie tombe sur mon corps. J'aime la pluie, mais là, c'est inconfortable. Je l'entends se répercuter sur les quatre grandes boites closes qui me font face. Ils sont dit que Papa et Okaa-sama dormaient dedans pour toujours. Mais moi je sais que quand on dort pour toujours, c'est parce qu'on est mort. Je me souviens qu'ils m'avaient laissée à la garde de Shirokân-nii. Tout le monde est en noir et moi je suis vêtue de violet, parce que Okaa-sama aimait le violet.  Nii-sama ouvre un parapluie et le tient au-dessus de moi. Je le remercie à mi-voix. Il y a de l'eau salée sur mes joues et mes yeux piquent. La voix du prêtre est triste, alors qu'il ne les connaissait pas. C'est étrange. Je demande à Shirokân-nii, et il me répond que c'est sa foi qui lui donne la tristesse pour mes parents. C'est étrange. Je ne comprends pas. Je me demande s'il y a un livre à ce sujet, dans la bibliothèque.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les deux enfants ne furent pas directement repris en charge par leurs familles. Le milieu de la noblesse était froid et impitoyable. Malgré la rudesse de l'épreuve, ils devaient montrer qu'ils étaient forts, que nul ne marcherait jamais sur leurs pieds. Aussi furent-ils consignés dans une suite du manoir des grands-parents d'Estelle, avec pour obligation de survivre par leurs propres moyens. Un adulte venait les voir tous les jours, un peu moins d'une heure à chaque fois, pour veiller tout de même à ce qu'ils ne provoquent pas de catastrophe, mais ils se débrouillaient bien. Tous deux surdoués, ils savaient faire preuve d'une maturité effrayante pour leur jeune âge.

A treize ans, la jeune fille décida de retourner à l'école. Ne serait-ce qu'un an. Elle ne savait pas, à l'époque, que ce serait sa plus terrible erreur. Elle avait fait son choix, elle n'entretenait aucune peur. Elle aurait dû se méfier, se préparer à tout cela, mais elle ne le fit pas. Elle était confiante, bien trop confiante. C'était Shirokân qui avait choisi l'établissement. Puisqu'il venait d'avoir dix-huit ans, il pouvait faire les démarches administratives pour elle. Il le regretta longtemps.

Troisième souvenir. Je suis face à plusieurs livres, ouverts en face de moi. L'un d'eux, celui du centre, est une pièce de théâtre de Marivaux, "Les jeux de l'amour et du hasard". Les deux autres sont des analyses, l'un de la pièce en elle-même, l'autre du théâtre expressionniste. J'écris, sur le bloc-note posé sur mes genoux, ce que je juge intéressant. Soudain, je relève la tête, et je regarde Shirokân-nii, occupé lui aussi à lire. Il lève la tête à son tour, et plonge ses yeux dans les miens avec un sourire doux. Ce sourire qui me dit que je suis la plus grande merveille qui soit. Je lui dis que j'aimerais bien essayer d'aller à l'école. Pour faire un test. Pour comprendre comment fonctionnent les liens humains. Parce qu'ils ne l'expliquent pas bien dans les livres. Il me sourit, et me répond qu'il va préparer mon inscription dans un collège l'année prochaine. Je crois... Je crois que j'ai hâte.

Quatrième souvenir. Je suis au collège, avec un garçon. Nous sommes assis sous un arbre. Il projette de l'ombre sur son visage, je ne le vois pas bien. Mais je sais qu'il est beau, toutes les filles de ma classe le disent. Je lui rends un livre français qu'il m'avait prêté. Nous sommes les deux seuls, dans la classe, à lire cette langue facilement. C'était "Les Âmes Croisées" de Pierre Bottero, un auteur que j'aime encore beaucoup. Ses livres sont difficiles à trouver au Japon. Il sourit, dit que je peux le garder encore un peu. Je lui répond que je l'ai lu deux fois de suite, depuis qu'il me l'a prêté, la veille. Il siffle d'un air impressionné, puis éclate de rire. Je crois que je m'entends bien avec lui.

Cinquième souvenir. Celui du visage de Kaito au-dessus du mien, de ses yeux verts qui me regardent intensément. Il m'embrasse. C'est chaud, doux, chaotique, comme j'aime à le dire. Il me dit qu'il m'aime. Je lui souris et lui demande si c'est sa façon de me demander d'être sa petite amie. Il rougit et me répond que oui. Je le rassure, et j'accepte. Nous sommes en été, il fait chaud. Contre mon coeur, je serre "Le Chant du Troll", un autre livre de Bottero.
Nii-sama n'aime pas Kaito. Il dit qu'il me regarde comme si j'étais une proie. Mais ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ? Kaito est gentil. Son chaos est sucré, il danse sur l'équilibre entre la sérénité et l'agitation. Oui, Kaito est gentil.

Sixième souvenir. Trois mois se sont écoulés, et nous sommes encore un couple. Je l'aime vraiment très fort maintenant. Nii-sama désapprouve toujours. Je me demande pourquoi. Kaito est toujours gentil et serviable, poli aussi, en sa présence. Je me fais cette réflexion, alors qu'il serre ma main. Nous sommes dans ma chambre, assis sur mon lit. Soudain, il change. Il me bascule sur le lit, trop brutalement pour que je ne laisse pas un petit cri franchir mes lèvres. Il les embrasse avec une rudesse que je ne lui connaissais pas. Je pose mes mains sur son torse pour tenter de le repousser, mais je n'y parviens pas. Mon corps n'a jamais été fort.
Mon esprit refuse de s'attarder sur ce qu'il s'est passé réellement. Il ne reprend le contrôle que quand j'ouvre les yeux après de longues et douloureuses ténèbres. Je suis dans les bras de Nii-sama, couverte d'ecchymoses, d'éraflures, et j'ai mal, "en bas". Je suis nue. Et je me souviens. Mes pleurs, mes tentatives pour m'échapper, me reviennent en tête, ainsi que son sourire sadique et la violence de son corps contre moi, en moi. Je hurle, ça surprend Nii-sama. Mes ongles s'enfoncent dans ma peau. J'ai mal et c'est une délivrance. J'ai mal, je pleure, le chaos sort de mon corps par mes yeux, ma bouche, et par ce sang trop rouge sur ma peau blanche.

Septième souvenir. Je suis très mal, depuis une semaine. Nii-sama est furieux. Comme Kaito est mineur, il ne sera pas puni pour le mal qu'il m'a fait. Nous trouvons cela injuste. Et ça ne fait que me rendre plus mal. Une nausée au goût d'acide me tord l'estomac quand je pense au peu, si peu, d'intimité et de confort qu'on m'a donné quand j'ai été interrogée. A la fin, Nii-sama m'a emmenée, voyant bien que j'avais atteint ma limite. Il désapprouverait sans doute ce que j'étais en train de faire. La lame aux froids reflets s'approche de la chair fine de mon poignet. J'ai beaucoup hésité. Mais la douleur et les salissures doivent sortir. Je n'y arrive pas en écrivant, en chantant, en jouant pour mon club de théâtre.
La lame fend ma peau. Ca me brûle, et en même temps, ça me fait un bien fou. Je recommence, une fois, deux fois, trois fois. Je hurle, de douleur, de rage, de soulagement malsain. Le sang coule sur ma peau, tache l'évier devant moi. J'entends Nii-sama, il ouvre la porte à la volée. Il appelle mon nom en arrachant la lame de mes mains. Je me mets à pleurer. Il me rassure, en français, la langue de Papa. Je finis par m'endormir, dans ses bras. Son T-shirt est tout sale, c'est de ma faute, je crois.

Estelle ne se remit pas du viol. Son esprit déjà instable à cause de ses capacités de surdouée fut presque dévasté. Elle ne tenait bon que grâce à Shirokân, qui encaissait ses crises de colère et de larmes sans broncher, qui la soignait avec patience quand elle se faisait du mal. Elle devenait peu à peu accro à la douleur, soutenant que c'était le moyen le plus efficace pour chasser sa peur. Elle faisait des cauchemars violents, dans lesquels elle revivait la trahison de Kaito.

Huitième souvenir. Beaucoup de temps s'est écoulé. J'ai suivi, toutes ces années, des cours par correspondance, tout en continuant à aller dans des clubs scolaires de théâtre, d'écriture, de musique, et de peinture. J'ai commencé à écrire des romans pour portable. J'ai un succès moyen, je ne cherche pas spécialement à me faire connaître.
Sur la table est posée la lettre d'embauche au lycée Shôri, que j'ai reçue il y a deux jours. J'ai décidé d'accepter. Je serai donc bibliothécaire en chef. J'ai peur, bien sûr, très peur, mais Nii-sama veillera sur moi. Il a reçu la sienne aussi, pour être professeur d'art de l'expression. Je vais vers sa chambre pour le lui annoncer, le sourire aux lèvres. Il m'accueille avec un grand sourire.

Je rouvre les yeux et m'avance le long du chemin qui me conduit au portail. Ma valise est lourde, mais je persévère. Shirokân arrivera dans une semaine. J'ai peur, mais je pense que ça ira. Les portes s'ouvrent, et je me dirige à pas maladroits vers un destin dont je ne vois pas la route. Quel délicieux chaos.


© FICHE CRÉÉE PAR REIRA DE LIBRE GRAPH'
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MessageSujet: Re: Estelle Delierre, ou il faut parfois apprendre à vivre   Sam 19 Juil - 12:33


Bienvenue, Estelle !

Ta fiche est correcte, je te valide donc. Félicitations !
N'oublie pas de réserver ton avatar
Je t'invite à aller faire une demande de rp, afin de pouvoir commencer à jouer avec tout le monde.

A bientôt au lycée ! ♥

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