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 Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]

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Kyle Davidson
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MessageSujet: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Lun 21 Juil - 15:41

Kyle était de retour dans le jardin. Il avait travaillé toute la matinée dans cet endroit. Et bien qu'à son arrivée il était incroyablement bien tenu, tout ce vert ne lui plaisait pas beaucoup. Certes, c'était étrange de penser ça, mais il avait raison dans un sens. Les haies qui se dressaient magnifiquement pour enfermer ses habitants avaient eu besoin d'un coup de cisaille. Concentré comme il l'était, le jeune homme avait réussi à se couper le petit doigt. Mais il avait encore beaucoup de travail alors il n'eut pas le temps de réparer ça. Les arbres aussi avaient été retaillé correctement pour éviter aux mille bras qui parsemaient leur corps de bois de venir agripper les cheveux des personnes pour tenter de les serrer contre eux. A part cela, il n'y avait rien à refaire. Il travailla jusqu'à ce que la pause de midi sonne. Il profita de ce temps pour rassasier son ventre. Malheureusement, il n'y avait pas de tartes. Il se contenta d'un bon sandwich jambon-beurre. Une fois le bide plein, il s'occupa de sa blessure de guerre qu'il enroba dans les bras doux et un peu trop collants d'un pansement. Puis il alla en ville. Il s'arrêta chez un fleuriste pour acheter quelques graines. Il avait besoin de couleurs. Quelques roses, quelques tulipes, quelques bleuets, quelques lilas. Enfin il refit ses stocks de graines. Une fois de retour dans le jardin, il se remit au travail avec un acharnement qui forçait l'admiration. Un jardin devait montrer tout ce qu'il avait de plus beau. Il allait s'arracher la peau comme le cerveau pour faire de cet endroit un magnifique terrain. Il en avait bavé pour être accepté ici, il allait prouver que cette lettre avait eu raison de venir jusqu'à lui. Mais pour le moment, ce n'était que de pauvres graines qu'il plantait. Il allait devoir s'en occuper s'il voulait qu'elles grandissent, que le soleil daigne envoyer ses rayons sur leurs pétales aux couleurs aussi diverses que magiques.

Le soleil frappait si fort. Il illuminait les environs comme un dieu veillant sur ses créatures. Mais une rancune le forçait à s'acharner. La température montait au fur et à mesure que Kyle travaillait. Bientôt, ses cheveux blonds onduleraient de sueur. Les premiers signes de fatigue faisaient leur apparition, épines invisibles plantées au plus profond des ports de sa peau. Ce fut la grande dame hurlante libératrice de 16h35 qui sonna l'heure de repos pour le jeune homme orange. N'ayant pas la force de rentrer, il se jeta tout simplement sur le sol, à l'ombre d'un grand arbre. La terre infectait ses vêtements et sa peau. Sa truelle était le dernier vestige de son travail. Ses chaussures noires étaient bonnes pour retourner dans l'immense antre tournoyante qu'était la machine à laver. Comme toutes ses affaires d'ailleurs. Mais ce sentiment de labeur bien remplit envahissait son esprit et il ne pouvait pas se plaindre d'avoir fait ce qu'il aimait. Il comptait attendre la fin de la journée avant de passer un coup de tondeuse et de terminer tout ça. Ses muscles endoloris réussirent cependant à porter son dos jusqu'à l'arbre qui lui offrait le gîte. Ses mains plongèrent dans la piscine orangée de ses poches. Elles en sortirent son paquet de cigarettes et son briquet. Il amena une de ces flèches de charbons à ses lèvres et la flamme de briquet vint y mettre le feu avec une sérénité pas commune lorsqu'il fumait. Il rangea son attirail.

La fumée qui s'enfuyait entre ses lèvres s'envolait avec grâce pour former des ronds majestueux et éphémères. Leur vie ne durait pas longtemps. Seulement le temps de s'enfuir avec les nuages de la même couleur. Il ne voulait pas gâcher son jardin, faire tomber ses cendres destructrices sur le gazon. Les restes morbides de sa cigarette tombaient sans vie sur son sweat orange qu'il avait retiré pour chercher un peu de fraîcheur. Son tee-shirt blanc rayonnait sous les éclats du soleil. L'air était calme. Le vent portait la chaleur pesante d'une journée d'été mais aussi les délicieuses odeurs qui se baladaient jusque là. C'était si doux comme moment que Kyle avait du mal à garder ses paupières fermées. Mais il ne voulait pas s'endormir. Même si n'importe quel personne dans son cas l'aurait fait, il voulait continuer de regarder les nuages blancs comme neige prendre les formes que son esprit imaginait. Une tortue passa au-dessus de sa tête, lui décochant un sourire sincèrement enfantin. Le temps passant, elle se transforma en une main ouverte. Il tendit le bras en l'air, mimant le code secret que les adolescents aimaient avoir. Puis...Quelques minutes encore après...Une lame se dessina dans les nuages. Il secoua la tête d'un seul coup. Il regarda le sol. Il perdit son sourire. Il fronça légèrement les sourcils. Il amena sa cigarette à ses lèvres. Il tira une grande bouffée. Puis un soupire gris sortit de ses lèvres pour porter ces sentiments au loin. Il croisa les bras derrière sa nuque et regarda à nouveau les nuages, son poison éteint à présent.
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Estelle Delierre
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MessageSujet: Re: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Lun 21 Juil - 17:53




Le Bleuet et la Rose


« J'ai offert mon amour à la Lune car il n'y avait qu'elle pour la recevoir. La vérité est que mon amour se tend en de multiples endroits, qu'en chacun il éclate comme une étoile, seulement vu par la nuit, ce témoin éternel et silencieux. »

Feat Estelle & Kyle


Rude journée ? Oh, oui... Non pas à cause du travail : tout était trop facile puisque les élèves ne semblaient pas vouloir se montrer un tant soit peu originaux dans leurs demandes. Toujours les mêmes livres, toujours les mêmes auteurs. Soupçonnaient-ils tous les trésors qui se cachaient dans l'obscurité des rayonnages ? Non, moi seule savait. Parce que j'avais passé tant de temps dans le domaine qu'était devenu à mes yeux la bibliothèque que je connaissais par coeur l'emplacement de chaque ouvrage. Je m'étais créé une carte mentale pour pouvoir ne plus utiliser l'annuaire des livres disponibles présent dans mon ordinateur.

Alors qu'est-ce qui avait été si difficile pour moi ? Eh bien, justement, le trop-plein de facilité. Je m'ennuyais, et le Chaos seul savait à quel point je haïssais cet état de faits. Je ne comprenais pas comment on pouvait rester toute la journée assis sur une chaise à regarder les clients défiler encore et encore. C'était stupide, contre-productif. Un bilbiothécaire se devait à mon sens de connaître chaque livre placé sous sa jalouse protection, mais même cet objectif que je m'étais fixé, lire tous les bouquins de mon domaine, était ennuyeux de facilité. Où était le défi ? J'avais une mémoire photographique et je pouvais lire jusqu'à vingt fois plus vite que la normale. Shirokân m'avait bien dit que cela arriverait. Les surdoués avaient du mal à s'intégrer. Plus ils étaient surdoués et moins ils s'intégraient.

« Tu serais haïe, admirée... Mais jamais comprise. »

En fronçant les sourcils, je chassai le souvenir de cette phrase désagréable. Il n'avait pas alors voulu me meurtrir, juste être honnête. Je lui avais ordonné d'être toujours honnête. Certes, il était mon majordome, mon fidèle majordome, mais aussi et avant tout mon bien-aimé frère d'âme. Je n'aurais pas pu tolérer qu'il me mente. En fait, je ne supportais pas qu'il mette entre le nous le respect de son rang par rapport au mien. Nous avions grandi ensemble et survécu grâce à lui. Il n'avait pas à ployer devant moi.

Je me relevai, lentement. Je pouvais fermer la bibliothèque maintenant. Après tout, il n'y avait personne. J'avais le droit, moi aussi, de me conduire comme bon me semblait, surtout quand cela concernait mon domaine. Je me levai, enfilant lentement mon manteau. En temps de Soleil et de chaleur, je devais me montrer doublement prudente si je ne voulais pas faire une crise d'allergie. Heureusement, mon ombrelle empêcherait ça. Je ne sortais jamais sans, puisque dès que je mettais un pied dehors, je devais me protéger sous elle.

Je verrouillai avec un soin extrême les portes de la bibliothèque. Je ne supportais pas que qui que ce soit y entre pendant que je n'étais pas là. D'ailleurs, mes assistants n'avaient pas la clé. J'étais la seule à la posséder, je veillais sur elle avec jalousie, car c'était un trésor terriblement précieux à mes yeux. Cette clé ouvrait la porte vers un savoir infini.

Je ne prenais pas vraiment garde à l'endroit où je me rendais maintenant, mon sac à main en bandoulière suspendu près de ma hanche gauche, ma robe gothique noire bruissant délicatement à chaque mouvement, en rythme avec mes bottes à talons. J'avais sans doute l'air d'une magicienne du passé, ainsi errante et rêveuse, mes vêtements d'un autre temps renforçant cette impression... Mais ce n'était pas pour me déplaire. Mes longs cheveux noirs, méchés de violet, descendaient bien au-delà de mes reins. Je les aimais et les entretenais avec un soin méthodique. Chaque reflet, chaque teinte, chaque mèche, était un souvenir de mon cher Shirokân.

Sans m'en rendre compte, je prenais maintenant la direction des jardins. J'aimais beaucoup l'endroit. J'avais quelques fois croisé le jardinier, mais toute accoutumée à me trouver invisible, je ne l'avais à chaque fois salué que d'un timide signe de tête, sans même regarder s'il y répondait. Je savais qu'il ne me voyait pas, comme personne ne me voyait.

Il était là, d'ailleurs, appuyé à un arbre et occupé à fumer. Abritée sous mon ombrelle, je le regardais discrètement, espérant ne pas le déranger. Il devait avoir chaud, s'il avait travaillé toute la journée sous cette chaleur et ce soleil de plomb... Je m'avançai, doucement, jusqu'à arriver à sa hauteur. Sous l'ombre de l'arbre, je ne pouvais pas encore me permettre de replier mon ombrelle, trop de risques d'être touchée par les rayons dévastateurs. Je me penchai jusqu'à arriver à genoux, fouillant dans mon sac jusqu'à en sortir une petite bouteille d'eau, que je lui tendis en rougissant légèrement. Je ne le regardais pas, fixant plutôt l'herbe sous moi.

- T... Tenez...


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Kyle Davidson
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MessageSujet: Re: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Lun 21 Juil - 19:00

C'était étrange tout de même. Comment les nuages pouvaient-ils comprendre les pensées des gens rien qu'avec un regard ? Kyle se le demandait. A chaque fois qu'il imaginait quelque chose, c'était comme si cette masse blanche le savait et en prenait la forme. Ca en devenait presque...Admiratif. C'était comme être avec quelqu'un qui comprenait la moindre parcelle de pensée. C'était comme...Comme être de retour avec ses amis. Il soupira à nouveau. Ces idées, qu'est-ce qu'elles pouvaient être envahissantes. Ca en devenait dérangeant. Il n'était pas venu ici pour les oublier, certes, mais il avait peur que ça le gêne dans son travail. Lui qui devait se démarquer des autres parce qu'il n'était pas super intelligent et pas franchement malin, si le parc ne ressemblait pas au paradis dans quelques jours, il n'aura pas une haute estime de soit-même. Il était comme le soldat qui combat pour le plaisir, tant que les cicatrices ne se multipliaient pas sur son corps, il n'était pas heureux. Sauf que lui, c'était les fleurs dans le jardin qui devaient se multiplier..Surtout pas les cicatrices. Il haussa un sourcil lorsque son regard se déposa sur l'astre bienveillant qu'était le soleil. C'était invivable cette chaleur. Bien qu'il préférait l'été à l'hiver, la pression qu'exerçait cette magnifique boule de feu devenait insupportable en plein milieu de la journée. C'était un temps idéal pour bronzer, pour se baigner, mais pas pour travailler. La vie serait tellement mieux si l'homme avait le choix de choisir les jours où le courroux des plus riches pouvaient les torturer. Le jeune homme laissa son amante toxique embrasser ses lèvres pour faire naître une fumée apaisante. Il ne fumait pas excessivement, il savait ce que ce monstre de sept centimètres était dangereux. Mais c'était une vieille habitude qu'il avait gardé pour ses amis, comme un regret qui se tient à ses hanches pour ne pas arrêter leur dance macabre.

- T... Tenez...

Il sursauta légèrement. Tiens, c'était la bibliothécaire. Sa beauté noire s'affichait comme un second soleil ténébreux en face du blondinet orangé. Les rougeurs sur son visage l'avait marqué du sceau de la timidité. Ah moins que ce soit une quelconque réaction à la chaleur qui harcelait tout ceux qui sortait. Non, Kyle était persuadé, comme si un sentiment puissant venait de l'entourer de ses bras réchauffant, que ce n'était pas son genre de sortir au soleil. Elle lui avait souvent adressé le bonjour dans un coup de vent, comme une brise que ne voulait s'attarder sur un être aussi insignifiant qu'un jardinier. Mais il n'avait jamais répondu. Il n'en avait jamais eu le temps. Et puis il savait que sa réponse tomberait dans l'indifférence totale. Il était un rêveur, mais pas au point d'attendre un intérêt de quelqu'un du genre de cette mignonne jeune femme. Mais voilà que, comme par magie, elle venait à sa rencontre lui tendre une bouteille d'eau. C'était comme un mirage. Il n'y croyait presque pas. Cependant, elle n'osait pas le regarder. Il haussa légèrement un sourcil. Pourquoi ? Il regarda son corps. Quelque chose n'allait pas ? Un quelconque parasite était-il venu sur son tee-shirt blanc ou son pantalon orange ? Il prit le temps de penser avant de sourire. Un sourire aussi radieux que le soleil qui tapait. Il posa sa main sur la source hydratante enfermée dans cette bouteille. Mais pas pour accepter le cadeau. Pour le repousser. Il se releva vite, ses jambes devenant de vrais ressors de canapé. Il s'éloigna un peu de la jeune femme, terminant sa clope au-dessus de son cendrier en tissu orange. Il ne voulait pas infecté la jeune femme avec la maladie en paquet qui l'avait mordu depuis bientôt six ans.

"Qu'est-ce que tu viens faire ici ?" Commença-t-il gaiement, comme s'il était heureux de ne plus être seul ici. "J'veux dire, y'a rien de bien intéressant encore."

En effet, le jardin n'allait être présentable que dans quelques jours si les élèves ne venaient pas retourner tout les efforts qu'il avait fait comme une crêpe. Il y aura plusieurs couleurs de temps en temps. Il n'en avait pas fini cependant. Il devait encore faire quelques petites choses pour rendre cet endroit encore plus beau et plus présentable. Il allait devoir se débrouiller pour rendre cet meilleur. Il sourit un peu, ses yeux bleus se posant sur la jeune femme près de lui. Ouais, il n'avait pas vraiment eu l'occasion de lui parler. Il n'avait pas parlé à beaucoup de gens d'ailleurs. C'était bien dommage d'ailleurs, un garçon comme lui était un très bon ami.
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Estelle Delierre
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MessageSujet: Re: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Ven 25 Juil - 12:41



Le Bleuet et la Rose


« Et pourquoi ne puis-je pas même en rêver ? »

Feat Estelle & Kyle


J'aurais aimé qu'il fasse un peu moins chaud. J'avais mal à la tête, puisque je sentais le Soleil, la pression qu'il exerçait sur moi, même à travers mon ombrelle. Je détestais cette sensibilité, cette fragilité, que je me traînais en permanence. C'était un poids qui m'empêchait d'avancer comme je l'aurais voulu. Je devais calculer chaque geste, prendre en compte les causes et conséquences à chaque instant. Même pour un génie, c'était épuisant. Allais-je vraiment m'épuiser ? J'espérais que non. Ce n'était pas le moment pour ça. Ce n'était jamais le moment.

Ma peau avait touché celle du jardinier lorsqu'il avait repoussé la bouteille. J'en avais frémi. Sa peau était tellement chaude par rapport à la mienne, toujours glacée... Mais ç'avait été une chaleur bienfaisante, pas comme celle du Soleil qui m'écrasait. Était-ce à cause de ce bref et pourtant doux contact qu'il s'éloignait maintenant d'un bond ? Je ne le savais pas, et je dissimulai l'étincelle peinée de mon regard. Et dire que j'avais juste voulu m'ouvrir un peu... J'inspirai profondément. Je devais contrôler mes pensées, mes émotions, avec une discipline d'acier, si je ne voulais pas flancher.

Je ne pus pas m'empêcher de rougir un peu plus quand il me sourit. Il avait un sourire magnifique, lumineux comme une étoile, un sourire qui se communiquait jusqu'à ses grands yeux bleus, les faisant briller de plaisir. Ce devait être un bon vivant, le genre de personne que, même avec des efforts, je ne serai jamais. Trop différente. Trop emprisonnée dans le spectre de la beauté froide. Trop étroitement surveillée par des nobles voraces, prêts à profiter du moindre de mes faux pas. Je frémis un instant. Si je chutais, Shirokân tombait avec moi. Je ne pouvais absolument pas me le permettre.

"Qu'est-ce que tu viens faire ici ? J'veux dire, y'a rien de bien intéressant encore."

Je hochai la tête, lentement. J'avais l'habitude de peser soigneusement mes mots avant de prendre la parole. Au final, les nobles m'avaient bel et bien dressée à leur convenance, me forçant à penser comme ils le désiraient... Chaos tout-puissant, je détestais ça ! J'étais censée être surdouée, écraser qui je le désirais grâce à l'arme qu'était véritablement mon intelligence, et au lieu de ça... Au lieux de ça, je me soumettais honteusement ! Je me mordillai nerveusemnent les lèvres. Me reprendre. Je devais absolument me reprendre. Si je ne le faisais pas, j'irais à la rencontre de ma propre perte, et je n'étais pas assez stupide pour ça. J'inspirai profondément, puis répondis calmement à la question du jardinier.

- Je... Je crois que j'avais envie d'un fragment de liberté...

Le vent choisit cet instant pour s'emparer de mes longs cheveux noirs, méchés de violet,  pour les soulever et répandre autour de moi l'odeur de jasmin que je dégageais en permanence. Un charme accessoire, même si je ne le voyais pas comme un outil de séduction. Pour moi, ce n'était qu'un artifice agréable, un détail qui m'aidait à rêver et à me détendre.

Je finis par m'autoriser à rencontrer le regard du jardinier, avec hésitation et timidité, comme si j'avais peur qu'il se détourne ou se mette en colère. J'eus un sourire fragile comme un souffle d'air, qui s'évapora d'ailleurs en un instant. Je n'avais pas l'habitude de laisser filtrer des sentiments. J'avais appris comme c'était dangereux...

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Kyle Davidson
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MessageSujet: Re: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Dim 27 Juil - 15:54

Quelle belle journée ! Kyle était debout à regarder la jeune femme qui avait fait irruption il n'y avait qu'une poignée de minutes. Il semblait heureux, ce garçon. Après tout, qu'est-ce qui pouvait rendre cette journée plus merveilleuse ? Il avait le soutien du soleil qui était autant un ennemi qu'un ami, il avait la présence d'une demoiselle dont la beauté n'avait d'égal que l'étrange sentiment que le jardinier avait envers elle. C'était vrai, ce doute qui tenait à présent son cœur entre ses griffes à la fois douces et froides l'empêchait de penser correctement alors que ses yeux bleus couraient comme des fous derrière le regard fuyant de la bibliothécaire. Il ne réussissait pas à la comprendre comme on comprend les gens d'un regard. La faculté d'un homme est de savoir comment exprimer et interpréter les sentiments. Il en savait quelque chose. Mais comme un casse-tête que même un génie ne savait résoudre, lui n'arrivait pas à trouver quelque chose dans les yeux de sa compagne qui n'osait apparemment pas le soutenir. Mais étrangement, cela l'amusait. Tel un chat, il était facile d'attirer l'attention du jeune homme. Il n'avait pas un humour difficile à séduire. C'est pourquoi il trouvait aussi enfantin qu'intéressant de chasser ces yeux le fuyant. Mais, tandis que sa quête prenait un tournant stupidement épique, quelque chose vint encore plus l'impressionner. Les rougeurs qui trouvèrent refuge sur les douces joues de la demoiselle le laissèrent perdu devant cette apparition. Était-ce le soleil qui avait imprégner de son marteau douloureux son visage ? Ou bien était-ce le démon de la timidité qui la guettait de son regard amoureux ? Malheureusement, il n'eut pas le temps de se le demander plus longtemps. Tel une brise éphémère, elles s'éffacèrent

Il avait remarqué cet éclat au fond du trésor qu'était les prunelles de la jeune femme. Il ne pensait pas à la peine qui avait effleuré par un malentendu son esprit avec ses crocs douloureux. Mais à ce manque de présence que lui ressentait comme l'étreinte d'une corde autour de son corps. Elle donnait l'impression d'être...Une illusion, un mirage. Elle était là, auprès de lui, devant lui, à portée de main. Il aurait pu caresser sa peau froide du bout de ses doigts si la flemme n'avait pas paralysé son bras et empêché à celui-ci de se tendre. Mais elle était aussi autre part. Perdu dans le néant de pensées. Il avait le don pour le comprendre, il savait ce que ça faisait. Les pinces de la politesse dans laquelle il n'avait pas eu la chance d'être élevé l'empêchèrent de faire la remarque, mais il devait avouer que ça le dérangeait un peu. Mais après tout, il n'y pouvait rien. Il ne pouvait l'obliger à revenir sur cette terre. Même le vent qui vint tenir ses cheveux comme pour narguer le jardinier qui n'avait pas la chance de les toucher ne la rendit pas plus présente. Cette douceur que les brindilles noires et violettes de son crâne avaient le privilège de subir ne se retrouvait pas dans la claque qui faisait éclater les cheveux blonds de Kyle.

- Je... Je crois que j'avais envie d'un fragment de liberté...

La stupeur qui se dessina sur le visage du jeune homme sembla aussi stupide qu'exagérée. Les yeux aussi gros que la lune et le soleil en pleine éclipse, éclatant sous des rideaux trop souvent. Il ne comprenait pas ce qu'elle venait de lui dire. C'était...C'était totalement stupide. Il resta un moment, le corps tendu par la surprise, le visage comme soudainement blanchit. Il sentit brusquement une onde se propager dans son corps. Elle parcourra sa peau, la faisant frissonner. Ses cheveux se dressèrent lentement. Ses muscles se relâchèrent doucement. Sa bouche s'ouvrit. Un son monta de sa gorge revigorée. Il explosa de rire. Son rire joyeux se propagea dans l'air, faisant s'envoler les oiseaux qui avaient trouvés domicile dans les arbres. Il resta là, à rire pendant un long et doux moment qui lui semblait paraître une éternité.

C'est stupide. La liberté ne se fragmente pas.

Il n'avait pas vraiment eut honte de ce qu'il venait de dire. Il n'avait pas hésité en assurant que c'était une bêtise ce qu'elle venait de dire. Elle semblait pleine de secrets cette demoiselle, mais au point de croire cette connerie, il s'en doutait bien. Mais alors qu'il allait répliquer d'une phrase plutôt...Fort, il croisa son regard. Cette biche qu'il avait pourchassé depuis tant de secondes s'offrait aux griffes de ses yeux bleus. Et en plus, son sourire fut l'effet d'un flèche en plein cœur. Et même si ce fut éphémère, il ne s'en remit pas d'un seul coup. Le soldat blessé qu'il était laissa son regard épuisé tomber sur le sol.  Il n'osait plus reprendre ce qu'il avait dit. C'était une froide douceur qu'elle lui avait donné, mais ça avait réussi à geler les montées de chaleur qui avaient touché ses cordes vocales. Frénétiquement, son bras droit brassa l'air, cherchant de nouveaux mots dans cet espace invisible. Frénétiquement, sa tête se hocha, attirant ces phrases à lui. Il finit par continuer, lâchant ces tics pour agripper le regard de la bibliothécaire.

Je veux dire...Tu as l'air trop intelligente pour croire ce genre de chose. Une liberté, c'est comme un cookie, peut importe le nombre de fois que tu le coupe, ça reste aussi bon.
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Estelle Delierre
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MessageSujet: Re: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Lun 28 Juil - 13:41



Le Bleuet et la Rose


« Pardonne mon choix de mots malheureux... »

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Son rire me troubla un instant. Pourquoi donc se moquait-il de moi ? Avais-je dit quelque chose de mal ? Je baissai honteusement la tête. Voilà ce qu'il en coûtait d'offrir ses pensées au premier venu. Je me tendsi, alors que les mots de haine que je n'adressais quà moi traversaient mon esprit comme autant de flèches, ajustées et cruelles.

- C'est stupide. La liberté ne se fragmente pas.

Je sursautai légèrement, prostrée sous les ombres conjointes de l'arbre et de mon ombrelle. Il ne s'en rendait sans doute pas compte, mais il me faisait mal, avec son hilarité qui refermait la fissure à peine perceptible de mon mur de glace. Comment avais-je seulement pu croire que je pouvais sociabiliser, comme tout le monde le faisait autour de moi ? J'étais stupide. Amèrement, presque sans m'en rendre compte, je plantai les ongles de ma main droite dans la naissance de mon poignet gauche. Pas assez pour saigner, mais assez fort tout de même pour me ressaisir, replacer le sacro-saint masque inexpressif sur mes traits. La blessure qui me forçait depuis sept ans à maintenir cette illusion pesait un peu plus lourd chaque jour. J'avais beau faire de mon mieux pour paraître insensible, je n'étais pas tant une coquille vide que je me plaisais à le répéter... Mais au moins, comme ça, on me laissait tranquille. C'était le principal. Seule, je pouvais survivre. N'est-ce pas ? N'est-ce pas...

- Je veux dire...Tu as l'air trop intelligente pour croire ce genre de chose. Une liberté, c'est comme un cookie, peut importe le nombre de fois que tu le coupe, ça reste aussi bon.

Je dus retenir un petit soupir. C'était donc cela. Il n'avait juste pas compris ce que je voulais dire... Cela dit, je ne pouvais pas lui en vouloir. Je ne m'étais pas vraiment exprimée correctement, après tout. C'était donc entièrement de ma faute.

- Je n'ai pas dit qu'elle perdait de son pouvoir une fois fragmentée... Mais plutôt que « Liberté », j'aurais dû utiliser le mot « Paix ». Veuillez accepter de me pardonner.

J'étais parfois bien trop humble, je le savais. Surtout pour mon rang... J'aurais sans doute dû cesser d'oublier que j'étais en treizième position pour la succession impériale, et en première pour diriger la famille Okashii, malgré ma maladie. C'était pour cela que Shirokân avait décidé que nous devions impérativement la cacher... Et trouver celui qui m'avait injecté ce maudit poison. Mes yeux se fermèrent un instant. Je ne devais pas penser à ça... Plutôt me recentrer sur le présent. Sur les beaux yeux bleus du jardinier qui me faisait face.

- Je suis en quête de quelques instants de paix...Ce monde de jour m'effraie.


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Kyle Davidson
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MessageSujet: Re: Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]   Lun 28 Juil - 14:28

- Je suis en quête de quelques instants de paix...Ce monde de jour m'effraie.

Ah bah si je n'arrive pas à te comprendre, on va pas s'y retrouver.

Il rigola à nouveau. Kyle ne pouvait pas s'en empêcher, même si la vague de froid qu'il avait ressenti quand ses mots déplacés firent l'effet d'un coup de marteau dans le cœur de la jeune femme l'avait calmé un peu. Il n'y pouvait rien, il aimait rire autant que sourire. Ca rendait le commun plus..Agréable. Mais apparemment, ce n'était pas vraiment un point de vu qu'il partageait avec la bibliothécaire. Bon, il ne pouvait pas la blâmer pour ça, la vie n'était pas rose pour tout le monde. Elle aussi, comme une maîtresse d'école, elle avait ses petits chouchous, ses élèves normaux et ses racailles haïes. Où se plaçait-il ? Il ne le savait pas. Il n'était pas l'un des premiers de la classe, materné par cette vie à la grande robe blanche. Il n'était pas l'homme à la casquette à l'envers qui était méprisé par celle-ci. Il était au milieu. Il était celui qu'on engueule, celui sur qui on cri, mais à qui on pardonne tellement il est mignon. Il sourit légèrement à cette pensée qui vint effleurer ses plaies cachées. C'était bon, des fois, de se sentir normal. C'est ce qui pensait en voyant la main de son interlocutrice forcer sur son bras. Elle, elle ne l'était pas. Il le sentait, il le savait. Et bien qu'il se sentait un peu coupable de la peine qu'elle avait ressentit sous ses assauts, il ne voulait pas s'en excuser. C'était comme ça qu'elle pourrait changer, en se rendant compte de la vérité. Sauf que la vie avait beau rabâcher cette loi cent ou mille fois, certains n'écoutaient jamais. Il espérait que ce n'était pas son cas, à elle. Il ne pouvait pas se changer. Donc s'il lui faisait du mal sans le vouloir, il ne se ferait pas attentionné alors qu'il ne l'était pas.

Il s'approcha. Et pas qu'un peu. Il vint jusqu'à elle d'un pas léger. D'une démarche qui puait la joie et la bonne humeur. Il n'aurait fait peur à personne comme ça. Et ce n'est pas ce qu'il voulait. Il fit de son bras le plus doux du monde quand il attrapa le sien pour faire lâcher les dents acérées de ses ongles. Il voulu tirer un mouchoir de sa veste orange, mais il en tira bien plus qu'un seul...Mince, il avait oublié de ranger ces papiers truqués ! Ce n'était pas le moment pour faire un tour de magie, assuré qu'elle n'était pas du genre à aimer ce genre de choses. Ce n'était pas une gamine voyons. Il fit signe à la jeune femme de patienter alors qu'il s'écarta d'un pas en arrière pour tirer ces tissus colorés qui n'arrêtaient pas de défiler comme les couleurs infinies d'un arc-en-ciel qui ne voulait pas disparaître hors de sa poche. Ce n'était pas vraiment le moment. Mais qu'importe, il trouva finalement la fin de sa guirlande de mouchoirs. Il défit le nœud du dernier. D'une belle couleur bleu en plus. Il rangea le reste dans sa poche. Ce n'était pas vraiment le matériel d'un jardinier, mais il avait oublier de le ranger dans sa chambre. Il revint vers elle, enroula lentement son poignet dans le bandage de fortune couleur du ciel. Il savait que ça ne saignait pas, mais ce n'était qu'un vieux réflexe. Les blessures, il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas quand elles étaient volontaires. Lui qui en a tant subit, il n'arrivait pas à croire que des personnes pouvaient se faire mal de leur plein gré. C'était comme un sacrilège. Il tira délicatement la maîtresse de ce membre vers lui, à côté de l'arbre. Il fit un jolie nœud papillon pour qu'il tienne correctement. Tandis que ses doigts jouait avec le tissu pour l'attacher correctement, il commença à dire.

Tu n'aurais pas pu choisir meilleur endroit que ce jardin pour venir te reposer.

Il étira un léger sourire. Il ne se jetait pas des fleurs. Ce n'était pas à lui qu'il avait fait ce compliment. Ce parc était magnifique. Que ce soit avec ou sans ses soins. Il trouvait cet endroit parfaitement bien situé. Les arbres offraient de bons endroits abrités du soleil comme de la pluie. Les haies délimitaient l'endroit avec une précision admirable. Il ne manquait plus que les fleurs pour qu'il rayonne de couleur, mais il fallait encore attendre quelques temps. En attendant, il comptait profiter de la fin de journée, si possible avec sa nouvelle invitée. Il lâcha finalement son bras, ne voulant pas qu'elle se sente harcelée. Il se laissa glisser contre l'écorce de l'arbre, assis à nouveau sur l'herbe. Il l'invita à s'asseoir.

Je m'appelle Kyle, je m'occupe du jardinage à partir de maintenant.
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Le Bleuet et la Rose [Pv : Estelle Delierre]

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