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 Sauvée de la noyade | Pv : Seishin

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Estelle Delierre
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MessageSujet: Sauvée de la noyade | Pv : Seishin   Ven 25 Juil - 14:12



Sauvée de la noyade


« Je voulais juste vivre un peu, espérer un peu... »

Feat Estelle & Seishin


La piscine... Je n'étais pas venue dans un tel lieu depuis longtemps. Trop longtemps peut-être. Je haussai les épaules. Au fond, je me moquais du temps passé. Même si je n'étais pas capable d'oublier le moindre instant de ma vie. Surtout les pires. Parce que les bons, eux, ils restaient dans un coin de ma mémoire, et si je pouvais les rappeler à ma convenance grâce à ma mémoire éidétique, j'évitais de le faire, pour ne pas vivre dans un rêve. Alors que les mauvais... Ils revenaient n'importe quand, me harcelant juste pour me faire chanceler, profitant du fait que je ne pouvais pas oublier pour ravager mon esprit dans les instants où il était le plus vulnérable. Détestables souvenirs.

J'étais vêtue d'un maillot noir, un bonnet de la même couleur retenant mes cheveux. J'avais ôté mes lentilles teintées, mes yeux avaient donc retrouvé leur couleur bleu de glace. La même que celle de Shirokân. D'ailleurs, c'était lui qui m'avait choisi ce maillot et ce bonnet - en tissu, le latex abîmait mes cheveux - quand je lui avais demandé de tout prévoir pour mon emménagement à Osaka. Aucun de nous deux n'avait prévu qu'il y ait une piscine olympique DANS l'établissement, mais c'était un plaisir de pouvoir y aller quand je le désirais.

C'était bien pratique d'avoir un majordome, un frère d'âme, aussi dévoué que lui. Mais plus que l'aspect utile, c'était son humanité que j'aimais. Il était devenu un confident, puis un ami, puis une part de mon esprit dont je ne pouvais me séparer. Le retrouver ici, à Shôri, avait été un plaisir unique, même si j'avais toujours un peu honte de m'être évanouie dans ses bras... Enfin, on ne se refaisait pas, et puis il avait l'habitude maintenant de la faiblesse de mon corps. Il était la seule personne à jamais avoir pris soin de moi.

Je laissai les douches - chaudes, luxe jusqu'au bout ! - m'asperger, puis admirai un instant la piscine aussi vide que silencieuse. En même temps, un samedi matin... Le club de natation ne se réunissait pas aujourd'hui, j'avais vérifié. Je ne voulais pas que mon instant de paix soit brisé. J'aurais peut-être apprécié la présence d'une personne, mais pas plus. Je me sentais toujours trop insignifiante...

Première immersion. Je n'osai pas calculer combien cela coûtait de maintenir cette eau à température tiède en permanence. Déjà, parce que même si j'en étais tout à fait capable, je n'avais pas la volonté de me prendre la tête avec des formules mathématiques complexes maintenant. Et aussi parce que de toute façon, ce n'était pas moi qui payais.

Je nageais. J'aimais cette sensation de ne faire qu'un avec l'eau, d'être libre et légère, d'un silence parfait et pourtant vivant... J'étais charmée. Il n'en fallait pas plus pour me rendre momentannément heureuse. Je n'étais pas sotte, bien sûr, je savais bien que ça ne durerait pas. Pour cette raison, je le savourais, je refusais que cela s'arrête. J'étais tout sauf raisonnable.

J'aurais dû prendre garde. Économiser mes forces. Calculer qu'il était dangereux pour moi de me dépenser autant. Lorsque mon corps refusa de répondre à mes solicitations, je ne luttai même pas. Je me contentai de couler, mes réserves d'air s'envolant vers la surface. L'eau me semblait glacée maintenant qu'elle m'entrait dans les poumons. La douleur dépassait l'entendement. Mes perceptions se réduirent jusqu'à disparaître, et je m'évanouis.

Sans savoir que quelqu'un m'avait observée et venait me chercher. Me secourir.

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Seishin Tanaka
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MessageSujet: Re: Sauvée de la noyade | Pv : Seishin   Dim 27 Juil - 20:38



Sauvée de la noyade

feat Estelle Delierre & Seishin Tanaka






Je marchais d'un bon pas sur l'un des chemins qui parsemait l’extérieur du Lycée Shiro. Nous étions samedi matin, le ciel était clair et le fond de l'air encore frais. Je rajustais la hanse du sac à dos que je portais sur l'épaule et dézippais le gilet jaune canari que je trimballais depuis des années. Un t-shirt blanc, un bermuda et de vieilles baskets en toile complétaient ma tenue de week-end. Mon regard un peu vide ne le laissait pas soupçonner, mais à ce moment précis, j'étais à deux doigts de trottiner tel un enfant pour arriver plus vite à destination.

J'ai dans ma vie des choses essentielles. Des éléments autour desquels je gravite, attiré comme un papillon de nuit par une flamme. Les piscines en font partie. En avoir une si proche, dans l'enceinte de l'établissement me serrait le cœur de joie, car elle devenait ainsi part intégrante de mon environnement quotidien. Il me suffisait de sortir des dortoirs et de faire quelques pas pour atteindre mon refuge : C'était indescriptible.

Je me souviens avoir longtemps regardé celle qui trônait dans notre jardin comme un puits de l'enfer où les insectes et les petits animaux venaient se noyer. Comme Setsuna. Une méfiance que m'avait insufflé ma mère. Néanmoins, aussi répugnant que ce trou d'eau croupi aie pu être, je n'en avais jamais eu réellement peur. En cachette, il arrivait souvent que je m'approche du rebord pour en observer le fond. Ce n'était pas profond, mais j'étais convaincu de ne pas voir le bout de mes pieds s'il me prenait l'envie d'entrer dans l'eau sale. Une pensée qui me fascinait étrangement.

J'étais à présent devant les portes de la piscine du lycée, portes qui laissaient passer une subtile odeur de chlore. Incapable de me retenir, j'avais pris la décision de venir voir le bassin dans lequel j’allai nager tout au long de l'année. Mon sac ne contenait pas de maillot, car aucune réunion du club n'était prévue à cette heure, néanmoins, j'entrais quand même et traversais les vestiaires mes chaussures à la main, sans m'y arrêter.

Ma première visite dans une piscine municipale me revint en mémoire cependant que je contournais les douches en passant dans le bain de pied. A mon arrivée dans le club de natation, j'avais vécu une véritable révélation. J'étais entré pour la première fois dans un bassin, m'étais laissé porté par l'eau avant de me laisser couler. Et j'avais réalisé que ce silence uniquement troublé par les battements de mon cœur dans mes oreilles était tout ce que j'avais jamais désiré. Bien sûr, j'avais bût la tasse avant d'en profiter pleinement, mais c'était un bien pauvre prix à payer!  Yasuo avait par la suite longtemps désespéré de me faire nager de manière conventionnelle, mais j'y été finalement parvenu au fur et à mesure des entrainements. Bon élément de l'équipe, j'avais contribué à la victoire de notre école dans deux championnats inter-scolaire, et je prenais à cœur chaque séance.

Aujourd'hui vice-président du club de natation au lycée Shori, je vivais cela comme une consécration. Ce n'était pas réellement un titre de mérite, mais j'étais néanmoins heureux de pouvoir retrouver cette ambiance familière, si loin de chez moi.

Je longeais le rebord, en retrait, lorsque je me rendis finalement compte que je n'étais pas seul. Le bruit des vagues se brisant sur le rebord de la piscine m'avait vaguement alerté, mais je restais tout de même surpris de trouver une jeune femme en train de faire des longueurs à cette heure-ci. Où la piscine était censée être déserte. Immobile, je la regardais, ne sachant pas réellement si cela se faisait ou non, mais à vrai dire je m'en fichais. Malgré moi, mon regard était attiré par la sirène qui se mouvait dans l'eau clair. Sa nage était gracieuse et légère, mais je décelais cependant des signes évidents de fatigue.

Faisait-elle partie du club de natation? Si tel était le cas, peut-être fallait-il que je me présente, mais je ne souhaitais pas non plus la déranger dans son entrainement. Avec un haussement d'épaules résigné, je tournais finalement les talons, prêt à partir aussi discrètement que j'étais arrivé. Mais le silence me retint. Plus de vaguelettes, plus aucun mouvement dans l'eau à vrai dire. Je regardais par dessus mon épaule pour constater que la naïade avait disparu sous les eaux.

Légèrement inquiet, je laissais tomber mon sac pour m'approcher du rebord et sonder le bassin, les sourcils froncés. Je la voyais au fond, immobile. Aimait-elle méditer dans le silence tout comme moi? Non....c'était bien trop long. Victime d'une impulsion, je jetais mes chaussures près de mon sac, retirais mon gilet et mon t-shirt, et me jetais à l'eau.

En quelques brasses, je l'avais rejoins et je plongeais à mon tour, les bras tendus vers sa silhouette trouble. Mes mains se refermèrent sur ses bras puis je nous fîmes remonter tout deux en m'appuyant sur le fond frais de la piscine. La retenant d'un bras, je me démenais pour la ramener vers le bord aussi vite que possible car je ne sentais aucun mouvement respiratoire.



*kuso kuso kuso kuso kuso kuso*


furent les seuls mots qui tournèrent et retournèrent dans ma tête pendant de longues secondes.

Heureusement, l'apprentie naïade était un poids plume et je réussis à la ramener sur le bord sans mal. Le temps sembla s'étirer tandis que je la fixais, elle qui était étendue sur le carrelage, inanimée. Si je m'étais vu dans un miroir, j'aurais pris pitié de mon expression horrifiée lorsque je réalisais qu'elle ne respirait plus. Le visage sans vie de Setsuna me traversa l'esprit et je refoulais l'horreur qui montait dans ma gorge. Tremblant, maladroit, je vint appliquer mes lèvres contre les siennes, et lui prêtais mon souffle.

Alors que je me sentais défaillir sous le coup de l'émotion, elle finit par expulser l'eau de ses poumons. Je m'empressais de la tourner sur le coté avec le plus de délicatesse possible, la laissant tousser en la maintenant par l'épaule. Les larmes de panique qui roulèrent sur mes joues se mêlèrent à l'eau qui dégoulinaient de mes cheveux cependant que je m'appuyais malgré moi contre elle, le souffle un peu court.



" Oy, nee-san, tu vas bien?! "


l'interpellais-je en lui tapotant la joue du dos de la main. A cause de ses lunettes, je voyais mal ses yeux, mais je constatais avec un soulagement certain qu'elle les avait entrouvert...



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Estelle Delierre
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MessageSujet: Re: Sauvée de la noyade | Pv : Seishin   Lun 28 Juil - 11:18



Sauvée de la noyade


« Si l'eau pouvait brûler, je me perdrais dans son monde jusqu'à me consumer. »

Feat Estelle & Seishin


J'avais mal. Horriblement mal. J'avais l'impression que quelque chose était rentré dans mes poumons, d'un froid si impossible à concevoir que je m'en retrouvais brûlée, meurtrie à un point tel que je ne pouvais même pas l'imaginer. Je ne parvenais même pas à bouger tant la douleur était grande. Mon coeur s'affolait, avait des ratés, comme s'il sentait que l'étreinte prochaine serait de nature plus macabre que celle de l'eau qui m'entourait... Comme s'il sentait que je m'avançais à grands pas vers la mort.

Pourtant, ce furent des mains, grandes et fortes, qui me tirèrent de l'univers aqueux qui refermait peu à peu son piège sur ma frêle carcasse. J'aurais dû souffrir du sol froid et dur sous mon dos, mais je ne le sentis pas. Le peu, restant, de ma force, se concentrait sur le contact des mains chaudes - humaines - sur ma peau perpétuellement glacée. C'était agréable... Je ne pouvais que m'accrocher à ce toucher, à ce qu'il représentait : le salut. Car la Mort n'avait pas les mains chaudes... Je ne m'imaginais pas la Mort avec des mains chaudes.

Puis il y eut un souffle fugace, venu de l'extérieur pour chasser l'eau, et une pression à la naissance de ma poitrine. On chassait l'eau. On me sauvait. J'arrivais à peine à y croire. En valais-je la peine ? Non, sûrement pas. Ce n'était même pas concevable. Je ne devais pas me monter la tête comme ça... La chute, les ailes illusoires brisées, ne me ferait que plus mal si je me laissais prendre au jeu.

Régurgiter l'eau ne se fit pas en douceur. Le chlore m'avait brûlée, et l'obstruction était douloureuse. C'était mille fois pire que d'avaler de travers, d'autant que le rejet, instinctif, affolait encore plus mon instinct de survie qu'il ne l'était déjà, aiguillé par la panique à l'idée de mourir. Je m'étais toujours plus ou moins accrochée, grâce à Shirokân, mon frère d'âme et majordome, puis par moi-même, lorsque nous avions décidé - lorsque j'avais décidé - de vivre chacun de notre côté. Il était cocasse de constater que ce choix ne découlait même pas d'une dispute : seulement de mon désir d'indépendance.

La première goulée d'air ne fut pas une délivrance. Elle me fit encore plus mal que le rejet de l'eau. J'étais trop faible pour cacher la douleur, elle s'étalait sur mon visage pour qui voulait bien la voir. J'aurais dû m'en vouloir de me montrer si faible, me forcer à me reprendre, à glisser mon bon vieux masque inexpressif sur mes traits. Je n'en étais pas capable.

Je ne repris pas exactement conscience tout de suite. En vérité, je l'étais resté un peu, juste un peu, tout le long de cette expérience effrayante. Juste assez pour m'en trouver désorientée, trop peu pour pouvoir réagir ou me mouvoir. Même mon cerveau pourtant toujours hyperactif fonctionnait au ralenti. J'aurais pu accepter cette accalmie, la savourer, si cela n'avait pas signifié que je perdais en efficacité. Je me devais de toujours analyser, réfléchir, développer. Je n'étais bonne qu'à cela...

Mes yeux finirent par s'entrouvrir, seuls. Il était soulageant de constater que je ne devais pas faire d'effort pour cela. Fourbue et transie, je n'en étais pas capable. Peut-être dans quelques instants, le temps que je me reprenne, que je me recentre, que je vive un peu. En avais-je vraiment le droit ? Shirokân ne cessait de me certifier que oui. Je ne le croyais pas... Ou à peine. Un petit peu. Parce que je ne voulais pas imaginer qu'il me mente. Ca m'aurait fait trop mal.

" Oy nee-san, tu vas bien?! "

Cette voix, plus que le temps qui passait, me fit réagir. Parce que cette voix, elle était un peu rauque, et en même temps douce et chaude. Parce que cette voix, elle gardait les inflexions de l'adolescence. Parce que cette voix, elle m'était inconnue. Je rassemblai mes forces, pour battre des paupières. Une fois. Une seule. Ces lunettes de natation me faisaient mal, et en plus je n'y voyais rien. Il y avait son corps appuyé contre le mien. Il était musclé, discrètement, mais de façon que je jugeais équilibrée. Et sa chaleur... Il aurait dû être un peu refroidi par son passage dans la piscine pour me cueillir, mais j'avais l'impression qu'il était un feu à lui tout seul.

L'être humain, pour survivre, devait produire des efforts. Je le savais. Seulement, une fois en face de ce fait, s'y plier était bien plus difficile qu'il n'y semblait... Il fallut bien des ordres lancés de mon cerveau à mon corps pour le faire bouger. Me recroqueviller un peu, comme pour me blottir contre la chaleur de la jambe du jeune homme, puis lutter faiblement pour ôter ces diableries de lunettes... Voici qui était fait. Il pouvait maintenant voir clairement mes grands yeux bleu de glace, tout comme je distinguais - même si ma vue était encore très floue - ses cheveux... Turquoises. J'aimais cette couleur.

Il y avait des larmes sur son visage, tout comme il y en avait sur le mien. Je ne savais pas pourquoi il pleurait. Je ne pouvais pas m'empêcher de trembler, de douleur et de froid. Je m'accrochais désespérément à sa jambe, pressant sans m'en rendre compte ma poitrine dessus. J'avais besoin de cette chaleur... Désespérément.

- C... Ca va...

J'avais fini par réussir à parler, mais d'une voix faible et rauque, bien loin de timbre doux, harmonieux, qui me servait en général à embrouiller mes interlocuteurs. J'aurais aimé avoir accès à mon palais mental, ce siège de ma mémoir eidétique. Hélas, la peur qui faisait encore battre follement mon coeur l'avait bloquée. Je frémis et fermai les yeux, ma respiration redevenue régulière - quoiqu'un peu faible - montrant que je ne m'évanouissais pas à nouveau. Je ne pouvais qu'attendre. Attendre et espérer aller mieux.

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Seishin Tanaka
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MessageSujet: Re: Sauvée de la noyade | Pv : Seishin   Jeu 31 Juil - 0:28



Sauvée de la noyade

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Je n'ai jamais eu peur de grand chose. Je ne suis pas un dûr à cuir comme Yasuo, mais je suis au moins fier de ça. Pas de phobie irrationnelles. J'aime les serpents et je trouve les araignées mignonnes. Le vide ne m'impressionne pas, la vue du sang ne me fait aucun effet. Il y a cependant une angoisse que je traine depuis ma plus tendre enfance et qui je pense est commune à un grand nombre d'entre nous : Voir mourir quelqu'un. Juste sous mes yeux. Le voir partir sans possibilité de le retenir. C’était une chose qui me terrifiait à propos de Setsuna. J’avais sans cesse peur le soir lorsque je l’embrassais sur le front pour lui dire bonne nuit. Peur qu’elle ferme les yeux et qu’elle ne les rouvre plus jamais. Et aujourd’hui, là, maintenant, j’avais bien cru voir mon pire cauchemar devenir réalité avec cette sirène maladroite. Frissonnante, elle s’était recroquevillée contre ma jambe en tentant visiblement de reprendre ses esprits. La voir tousser, recracher cette eau et respirer lourdement me pesait, écrasé que j’étais par l’empathie. J'étais en colère contre elle. Non, finalement, je ne l'étais pas comme ça. L'adrénaline était retombée, je me sentais de nouveau calme. La main encore incertaine, elle retira ses lunettes de plongée, et nos regard se rencontrèrent pour la première fois.

A la voir depuis tout à l’heure, telle une poupée brisée sur le sol, je ne cessais de repenser à ma sœur. Stupide parallélisme, pensais-je. Le regard de Setsuna était aussi noir et envoutant que celui de cette inconnue était clair et perçant. Un bleu glacé, bien plus beau que celui de mes propres iris. Des yeux de femme, malgré un visage poupon et un corps frêle. Une mèche de cheveux ébène s’était échappée de son bonnet de bain pour venir se prendre dans ses longs cils, me révélant un contraste que je trouvais immédiatement plaisant. Son regard s’égara alors sur mes cheveux, que je savais voyants, même humides, et j’en profitais pour détourner la tête. Tandis que je passais la main sur mon visage afin d’en chasser des mèches, ou plutôt des larmes, malvenues, je me laissais aller à soupirer. J’étais infiniment soulagé d’avoir évité le pire.



- C... Ca va...

 finit par me répondre la naïade inconsciente.


Je reportais mon attention sur elle, notant son teint pâle et ses lèvres très légèrement bleues. Je sentais la froideur de son corps contre ma peau, un effet dû au manque d’oxygène, sans nul doute.


"Non ça ne va pas."
déclarais-je un peu abruptement. Ce qui était la vérité.
"Tu n'aurais pas dû venir seule si tu n'es pas une nageuse expérimentée."


A contrecœur je la repoussais doucement pour me lever et aller chercher le gilet que j’avais jeté plus tôt. Je réalisais alors que mon bermuda trempée était d'un effet des plus désagréable. Je n'avais pas de vêtement de rechange, j'allais donc devoir faire avec.
 Lorsque je revins vers elle, je l’obligeais à se redresser pour lui entourer les épaules de ce vieux vêtement qui m’avait tenu chaud pendant plusieurs hivers déjà. Je me laissais tomber ensuite derrière elle et la cala confortablement contre moi, entre mes jambes et bien entourée de mes bras.


« Tu faisais quoi comme ça sous l’eau nee-san ? T’essayais de faire avoir une crise cardiaque à quelqu’un ? Parce que t’as presque réussi.»
murmurai-je d’une voix monotone, après avoir reniflé bruyamment.


Je laissais mes yeux se promener sur son visage de poupée japonaise que je voyais en plongée, et notais que ses joues ainsi que ses lèvres reprenaient peu à peu leur couleur. Sous l'effet de ma chaleur, sous l’effet de mon étreinte. Je me sentais un peu idiot de jouer ainsi au radiateur humain, mais je ne pouvais pas faire grand-chose pour elle et je ressentais que c’est ce qu’elle attendait de moi de toute manière. J’aimais le contact humain, et je savais voir quand quelqu’un en avait besoin même si ce quelqu’un ne souhaitait pas le montrer. Et tout chez la fille que je tenais dans mes bras me criait de la serrer fort. Était-ce dû à cette expérience traumatisante, ou était-ce son aura habituelle ? Je n’aurais pas su le dire. En attendant, laissant ces questions de côté, je me réchauffais autant auprès d’elle, qu’elle auprès de moi.

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